Jours des Morts. Mexique 2016
Posté le Mercredi 09 Novembre 2016

 

Jours des Morts au Mexique à Oaxaca


De mon long séjour il y a 16 ans, j'avais gardé de Oaxaca ce savant mélange de traditions et de contemporanéité. Il subsiste plus que jamais et constitue un foyer culturel véritable au cœur des montagnes et des civilisations Zapotec, Mixtec et Aztèque. Avant tout une célébration populaire vécue en famille, de nombreux musées et galeries s'emparent aussi du Jour des Morts en proposant une interprétation libre sur le thème de la Vie et de la Mort.

Comme à plusieurs endroits du Mexique (Lac Patzcuaro, Mixquic dans le district fédéral…) durant la semaine qui précède les pic de jours de Toussaint (de tous les saints), les habitants s’affairent à décorer la ville et à préparer le costume qui, assorti de son maquillage élaboré, incarnera un des personnage représentant la grande faucheuse. La Catrina est le personnage récurrent. Son nom originel, « La Calavera Garbencera», lui fut donné par le muraliste Diego Rivera et Jose Guadalupe Posada. Cette dame du bal, élégamment vêtue, revêtait surtout une critique des privilèges. C'est un personnage burlesque qui dénonce l’hypocrisie sociale dans le style aristocratique de la fin du XIXème siècle, le Catrin est son pendant masculin.

Un extrait du texte d'introduction du très beau livre du photographe Tomas Casadamunt, « La muerte en el Altar », nous apporte un éclaircissement quant au déroulement de ces jours.

"En général, les offrandes sont installées sur une table ou à même le sol sur des tissus blancs ou avec du papier de Chine sur lesquels sont déposés de la nourriture, des boissons, des fleurs, de l’encens de bois de copal, des bougies, des images de saints et de vierges, estampes, photographies des défunts et des objets leur ayant appartenu. La période coïncidant avec la fin du cycle agricole, les offrandes dépendent de la richesse de la récolte.
Les aliments peuvent varier : Mole (plat traditionnel à base de chocolat et d'épices), Tamales (plat populaire typique à base de maïs), fruits, fèves, riz, bouillon de poulet, tortillas, pâtisseries, eau et alcool (Mezcal).

Pour chaque défunt une bougie est allumée, blanche pour les vierges, bleu pour les jeunes, verte pour les enfants et noire pour les adultes.

Le 30 octobre, la fleur Zempoalxochitl jaune-orangée est coupée et c'est le jour pour se remémorer les âmes qui n'ont aucune famille.
Le 31 octobre reviennent les « abrajos », les enfants morts prématurément sans avoir été baptisés.
Le 1 novembre est le Dia de Muertos, de la Toussaint, Todos Santos et le Jour des petits Morts, "los angelitos ", celui des petits anges. Reviennent alors les enfants baptisés qui sont décédés ainsi que les femmes mortes vierges. Les offrandes sont installées ce jour-là.
Le 2 novembre, dia de Muertos grandes, est le jour du retour de tous les défunts dans les cimetières," los pantéones". Une partie des offrandes se transportent sur les tombes décorées et veillées.
Le 3 novembre, les morts ont pris " la aroma " des aliments et retournent dans l'au-delà. Les proches invitent alors voisins, amis, parents à partager les offrandes dans un climat de commémoration et de joie pour que le défunt s'en retourne heureux en son lieu. L'ambiance est à la fois nostalgique et spirituelle."

J'ai vécu ces Jours des Morts dans la joie avec de beaux moments passé avec les enfants qui défilent dans les rues en vivant La Mort et leur personnage. Au-delà de l'aspect carnavalesque, car il faut se représenter ces parades avec des fanfares incessantes, une vraie transfiguration opère. Une énergie spéciale émane des cimetières avec le soin fervent apporté aux tombes. Odeur de terre retournée, de copal, de fleurs, tressées, arrangées, recouvrant toute aspérité, il y existe à la fois le recueillement et une authentique tristesse et nostalgie de nos chers disparus. Aux alentours des Panteones de Xoxocotlan et du Panteon General de Oaxaca, où je me suis rendu, il faut imaginer une fête foraine avec ses stand de tirs, ses tacos, ses commerces. Et puis, passé le porche, le seuil, un éclairage aux bougies et des réunions de famille sur les tombes. Les personnes mangent, boivent du mezcal, surf sur leur téléphone portable, peaufinent la décoration, l'ovation, parlent de leurs morts, jouent ou écoutent de la musique. Des mariachis passent avec leur guitare et offrent leur service. Certaines scènes peuvent être assez drôles comme celle de ce musicien un peu blasé, demandant à la famille si le défunt était un homme ou une femme. Et le voilà qui se met à chanter une histoire de meurtre de deux frères...Rien à voir avec le cher disparu mais personne n’est choqué, tout semble acceptable. Une dame me parle longuement de sa sœur de 29 ans qui a quitté cette terre. Elle n'est pas la seule à vouloir qu'il y ait des témoignages visuels de leur dévotion et que leur croyance en l'Obscur et l'Infra-Monde voyagent. Il y a aussi des espaces qui restent très sombres et où, au détour d'une pierre tombale tellement serrées entre elles, parfois marquées par une simple croix de bois dans la terre, une personne reste là, assise veille ou attend cette communion avec celui ou celle qui a quitté cette terre. 

Je vous propose quelques images prises au fil de ces jours qui tiennent à la fois de la farce et du sacre.


© sandradaveau.com

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Parce que la mort est aussi une naissance, le passage d'un état de vie à un autre,  mariages et demandes en mariage  sont nombreux en cette période spéciale.



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